Publié dans Mon Journal...presque intime, Non classé

Mon Lymphoedème et moi…

Le diagnostic étant récemment tombé pour moi, voici mon ‘petit’ témoignage. Pour ma part, elle serait de forme primaire, bilatérale et de révélation précoce.

Je n’ai jamais aimé mes jambes.

Je les ai toujours trouvé ‘grosses’ (gros mollets, grosses chevilles, pieds boudinés) alors que je suis plutôt menue. Ado, j’ai toujours envié les jambes longues et fines de mes copines…Longtemps j’ai cru que ‘la forme’ de mes jambes était due à ma petite taille (1m54) et des années de pratique de gymnastique. Je ne pensais en aucun cas faire des œdèmes…

Mes Grossesses

Avant mes 2 grossesses, j’avais régulièrement les jambes qui gonflaient et des impatiences en fin de journée.

Lors de ma 1ère grossesse, mon médecin généraliste m’avait prescrit des bas de contentions. Ce qui est courant lors de grossesses.

Pour ma seconde grossesse, j’ai eu de nouveau des bas de contentions. Cependant, en fin de grossesse, j’étais devenue une vraie ‘boule d’eau’. Après l’accouchement, j’ai eu du mal à perdre ce trop d’eau, il m’avait été prescrit des séances de kinésithérapie, et un traitement oral.

Depuis cette seconde grossesse, je souffre plus régulièrement de mes jambes, sur-élever mes jambes ne suffit plus, me sens plus serrée dans mes pantalons en fin de journée, ne supporte plus certains modèles de chaussures…etc

Le diagnostic

Lors de mon dernier rendez-vous, j’ai enfin décidé d’en parler sérieusement à mon Médecin Généraliste d’autant plus que depuis quelques temps, je dors mal, je suis réveillée par une douleur dans la jambe droite. Mes jambes me gênent, je ne sais jamais comment les positionner et mes orteils ressemblent à des saucisses cocktails et mes jambes à des poteaux en cours de journée…sans parler des sensations désagréables ressenties.

Elle m’envoie voir un Angiologue. J’arrive à prendre rendez-vous assez rapidement. Suite à un questionnaire et un echo-doppler, le verdict tombe. Je suis atteinte d’un lymphoedème aggravé par un trouble postural plantaire.

Elle m’a expliqué qu’au cours d’une journée, je pouvais prendre environ 4 kilos d’eau. J’ai la jambe droite qui est particulièrement douloureuse car il faut corriger la position de mon pied droit. Que l’on ne guérit pas d’un lymphoedème mais il y a des traitements symptomatiques. Qu’il peut y avoir des complications et qu’on va tout faire pour les éviter. Qu’il faut donc un suivi régulier pour prévenir ces complications.

Pour cette fois-ci, elle m’a prescrit des séances de kinésithérapie, un traitement oral, des semelles orthopédiques à faire faire auprès d’un podologue et les fameux bas de contention à porter en cours de journée.

Prise de conscience

Maintenant je comprends pourquoi :

  • J’ai du mal à porter certains modèles de chaussures (et pourtant j’adore les escarpins mais elles ne sont pas faites pour moi),
  • J’ai aussi du mal à porter certains modèles de pantalons (par exemple les slims),
  • Je préfère marcher pied nu, être jambes nues,
  • En cours de journée j’ai du mal à monter les escaliers car mes jambes me paraissent lourdes et sont douloureuses,
  • J’ai l’impression de prendre 1 à 2 taille(s) de vêtement par moment au cours d’une journée,

Diffultés rencontrées (en dehors de la pathologie en elle-même) :

Financière : Certains soins ou équipements nécessaires à la prise en charge ne sont pas pris en charge par la sécurité sociale (ex : les bas de contention sont à notre charge, ce qui représente une centaine d’euros par an de notre poche). D’ailleurs à ce sujet, il existe une pétition : La prise en charge totale pour les personnes atteintes d’un lymphoedème. N’hésitez pas à signer cette pétition (merci 🙂 )

A m’habiller : Certains vêtements sont à bannir, comme par exemple les pantalons type slim. Il est difficile d’évaluer comment je vais ‘gonfler’ en cours de journée, du coup il est préférable de porter des pantalons ‘stretch’, pattes d’éph…Les chaussures, ne pas trop les serrer…Sans parler de s’habiller de manière à cacher les bas de contentions (et imaginez en été !!).

A trouver des informations : Ou alors je ne sais pas où chercher. J’ai ce besoin de comprendre le QQOQCPC (Qui ? Quoi ? Où ? Quand ? Comment ? Pourquoi ? Combien ?)…Pour l’instant j’ai trouver des informations sur des groupes Facebook, quelques sites d’associations, une application qui permet de suivre son programme de traitement et enregistrer ses symptômes : LymphaTrack… mais très peu de livres (un sur l’alimentation anti-inflammatoire), voir aucun sur la maladie en elle-même (ou je n’ai pas trouver the bible).

Ma FAQ

Tu comptes lancer une mode avec tes chaussettes montantes ? C’est comme dire à un myope s’il compte lancer la mode des lunettes :p ! Ceci reste un dispositif médical. Il m’est déjà arrivé de porter mes bas de contention sans ‘me cacher’. Je n’ai pas forcément envie de tout le temps porter des vêtements qui couvrent entièrement mes jambes, surtout par temps de canicule…Par exemple, j’ai déjà mis un short et mes bas au travail. Or, c’est déjà contraignant de ne pas pouvoir s’habiller et se chausser comme on le souhaite et si je ne porte pas les bas de contention, je le ‘paye’ plus tard surtout en fin de journée et la nuit.

Tu as ce soucis de santé car tu ne tiens pas en place ! …. Ouais, ouais, on me l’a sorti celle-ci :/ , heeuuuu, cela n’a aucun rapport. Ok, j’ai du mal à rester assise tranquille longtemps sur une chaise mais ce n’est pas le fait que je sois ‘active’ qui provoque mes oedèmes.

Pourquoi tu ne te masses pas et n’utilises pas de l’anti-cellulite ? Peut-être pour la simple et bonne raison que ce n’est pas recommandé (me semble-t-il ?) pour les personnes atteintes de lymphoedème. Pourquoi ne pas faire confiance à mon kiné ?!!

Même si cette pathologie est ‘contraignante’, que la ‘transformation’ du corps n’est pas facile à accepter tous les jours, j’essaie de me dire qu’il y a bien pire dans la vie…et que de toute façon je n’ai pas le choix, je dois vivre avec et apprendre à la dompter.

à suivre…

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La Vie de P’tite…

Article dédicacée aux P’tites, P’tiotes, Puces, Pitchounes….etc. Bref ‘les moins 1m60’.

Je fais 1m54. J’ai toujours été la plus petite de la classe, la plus petite au travail…et bientôt certainement la plus petite de la famille ! On m’a souvent surnommer ‘la p’tite’, ‘pitchoune’

Nos galères

Marcher avec un plus grand équivaut à 1 pas pour lui 2 pour nous…bref, la galère !

En voiture : Le pare soleil nous sert à rien. Le siège conducteur est réglé au minimum pour que l’on puisse toucher les pédales. A la borne de péage, tu as intérêt à bien calculer ton coup car généralement elle est trop haute (ou tu as le bras trop court…) pour pouvoir insérer ticket, carte…

Tenir un parapluie avec un plus grand : si c’est lui qui le tient, la parapluie ne t’abrite pas, si c’est toi, le grand se le prend dans la tronche et ce, en tendant le bras au maximum…

En transport en commun : si tu n’as pas de places assises, tu es à hauteur des aisselles des gens et l’été c’est pas le top surtout quand la personne à oublier de mettre du déo…

En magasin : les portes automatiques ont du mal à me détecter et donc ne s’ouvrent pas au premier essai…Les vêtements sont souvent longs pour toi (longueur de pantalon, manches trop longues…)

Le marche pied est ton meilleur ami car placard, miroir…sont toujours trop hauts pour toi.

A l’école de tes enfants : On te prend pour la grande soeur.

Au bar, PUB : tu as longtemps dû justifier ton âge pour pouvoir consommer de l’alcool…

Debout sur le canapé, tu fais la même taille que ton chéri.

Nos avantages

Tu rentres entière : dans une baignoire, dans un plaid, dans tous les sens du lit, sur ta serviette de bain…

Tu peux piquer les chaussures et les vêtements de tes gosses (enfin du moins les ados).

Tu peux étaler tes jambes : dans l’avion , au cinéma, en voiture…

Tu peux te faufiler partout et ce, sans que l’on te voit.

Il y a très peu de chance que ton mec soit plus petit que toi.

Ce que j’ai pu entendre…

‘Tu n’as pas assez mangé de soupe quand tu étais petite fille…’

‘Tu n’arrives pas à atteindre le placard ? Tu n’as qu’à mettre des talons….à mince, j’avais pas vu, tu en portes déjà !’

‘Mince, pardon, je ne t’avais pas vu…’

‘Mademoiselle…’ (et j’ai plus de 30 ans…)

‘Ta carte étudiante, s’il te plait…’ (idem, même à plus de 30 ans)

‘Ce sont vos enfants ??? Mais vous les avez eu trèèèèèèès jeune !!!’

Et vous la team des P’tites : quelles sont vos anecdotes de P’tiotes ?? 🙂

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« La bataille n’est pas finie »…

En ce moment, le sujet sur les violences faites aux femmes revient beaucoup dans les actualités. Pour l’avoir personnellement vécu, je trouve cela, bien évidemment, positif.

Malgré tout, j’ai quelques points à soulever.

La violence physique…mais aussi la violence morale !

Les médias parlent beaucoup de la violence physique mais a tendance à oublier ou sous-estimer la « violence morale » qui est pourtant tout autant destructrice puisqu’elle peut mener au suicide la victime, ne pouvant plus la supporter.

Comme je l’avais raconté dans un autre article ( Le jour où j’ai dit STOP ), j’ai quitté ‘lui’. Je suis partie à temps. Même si la ‘bataille n’est pas finie’…

L’un des principaux éléments qui a déclenché mon départ et ma prise de conscience, est le fait qu’il a commencé à taper mon fils aîné. C’était la goutte de trop !!!

Pour ma part, (sans rentrer dans les détails car je pourrais écrire un roman vu la complexité de la situation), cela a commencé doucement par des crises de jalousie. Il ne voulait pas que je sorte habillée comme je le souhaitais car il ne voulait pas que les autres hommes me regardent. ‘Tu vas pas faire les courses avec cette robe !

Puis ont suivi des conflits pour tout et pour rien. Il justifiait ses réactions disproportionnées par son enfance dite difficile, par son boulot qui se passe mal…etc…et avec le temps il finissait par dire que c’était moi qui le rendait comme cela car ‘Mais tu ne vois pas que tu es invivable !‘ ‘Je me suis mis en colère, j’ai défoncé la porte car c’est toi qui me rend comme ça !‘ et pour donner de la ‘valeur’ à ses propos il justifiait ses dires en disant qu’une connaissance pense comme luiTu vois même le voisin pense que tu es insupportable, il m’a même demandé comment je faisais pour vivre avec toi !’ (alors que ce dit voisin, n’avait jamais rien dit sur moi…).

Lorsque j’ai voulu le quitter pour la première fois, il a joué sur la corde sensible ‘je ne suis rien sans toi‘, et le chantage ‘Si tu me quittes, je me suicide‘…

La seconde fois que je lui ai exprimé le fait que je voulais le quitter, il a changé de ton et de comportement, voyant que j’étais devenue insensible à son chantage de suicide…il est devenu menaçant et intimidant ‘si tu me quittes, je défonces tout dans l’appartement, je raconterai à tout le monde quelle ignoble personne tu es, que tu es un voleuse, manipulatrice…etc‘. Après cet acharnement, une fois calmé, il a fini par me promettre de se faire soigner. Mais ce n’était que de la manipulation, histoire que je me calme et passe à autre chose, car il n’a jamais entrepris une vraie thérapie. Il faisait une ou deux séances pour me faire croire à sa bonne volonté, et je retrouvais les boîtes de médicaments non entamées…quand je découvrais la vérité, il disais ‘De toute façon, j’en ai pas besoin, ce n’est pas moi qui suis fou, c’est toi qui devrais aller voir quelqu’un et j’ai pas le temps !

Par rapport à son activité illégale, il m’a toujours menti. Il m’a promis qu’il arrêterait à tel moment…et ‘le bon moment’ était sans cesse repoussé…Un jour, il m’a fait croire que c’était bien terminé, sauf que j’ai découvert ‘la vérité’, et bien entendu, il s’est victimisé ‘tu ne peux pas me laisser vivre en paix, vous êtes tous contre moi, c’est la seule chose qui me rend heureux’.

Je peux effectivement dire que j’ai vécu dans un climat d’insécurité, je vivais avec une boule au ventre permanente…Dès que je voyais son nom apparaître sur mon téléphone portable, je craignais de décrocher par peur de ce qu’il allait me dire ou m’annoncer (généralement un problème ou ses états d’âmes indiscutables). ‘Au fait, je t’appelle pour te dire que je suis licencié‘.

Sans parler que du fait que j’étais constamment dénigrée par lui comme pour se donner l’impression qu’il est supérieur à moi. ‘De toute façon, je ne vois pas pourquoi toi tu serais fatiguée tu es assises derrière un bureau toute la journée à ton travail tandis que moi j’ai un travail physique.‘ (Je prends cet exemple car il me l’a sorti à plusieurs reprises pour justifier qu’il ne puisse pas m’aider pour les tâches ménagères).

Puis je suis partie…mais la bataille n’est pas finie !

Quand je suis partie et qu’il a compris que je ne reviendrai pas…sa violence morale s’est amplifiée. J’étais consciente que c’était le risque à prendre et heureusement que j’étais à ce moment-là très bien entourée, car j’avoue qu’à un moment, malgré la présence de mes enfants, mettre fin à mes jours m’avait traversé l’esprit. Je n’en pouvais plus, je voulais que ça s’arrête…

J’ai subi :

  • Du harcèlement téléphonique (appels incessants et messages vocaux), j’ai été contrainte de changer de numéro de téléphone,
  • Des accusations monstrueuses : ‘tu tabasses les enfants, je vais porter plainte contre toi et je dirai au juge que tu es un danger pour les enfants’,
  • Des menaces de mort,
  • M’accuser de vol…

Problématiques à soulever

C’est bien de parler des violences faites aux femmes mais il est temps aussi d’écouter les appels au secours !

Exemple concret que j’ai subi de la gendarmerie : Sur les conseils de mon avocate, j’ai voulu porter plainte car lui, m’a envoyé un sms et laissé un message vocal dans lesquels il me menaçait de mort. Le gendarme n’a rien eu de mieux à faire que de me rire au nez, faire écouter le message à son collègue et me dire que ‘Oh mais il est juste en colère, c’est un papa désespéré qui veut voir ses enfants’ (sachant que je n’empêchais pas lui de voir les enfants, il les voyait à ce moment là une à deux fois par semaine). Je suis sortie de la gendarmerie complètement désespérée alors que je me battais pour la sécurité de mes enfants et la mienne !

Exemple concret de l’entourage : Certains ont soulevé le fait que je n’avais pas l’air bien, j’ai cru me sentir en confiance et voulu me confier sur ce que je vivais…Je me suis entendue répondre ‘Mais tu n’exagères pas un peu’Il n’a pas l’air comme ça, c’est pas possible que lui puisse faire ça‘ ‘Oh tu subis ça car il est psychologiquement fragile, perdu, désemparé‘ et pire, venant d’un médecin psychiatre, ‘Vous pouvez pas le laisser tomber, il a besoin de vous, s’il est comme ça c’est parce qu’il est pas bien’. A cause de certains propos, j’ai longtemps cru que j’étais coupable en parti de la situation, ‘Je me suis mis dans ce pétrin, tant pis pour moi, je n’ai plus qu’à le subir.‘ Et j’ai surtout appris à me taire face à cette situation ! J’ai subi dans le silence ou comment se sentir isolée…

Conséquences sur le long terme.

Aujourd’hui, je ne vis plus avec lui. Après 2 batailles judiciaires, les enfants et moi-même nous nous sommes même éloignés géographiquement pour constituer une jolie famille recomposée et sereine.

Ces violences répétées vécues pendant environ 10 ans, ont eu pour conséquences sur moi des troubles du sommeil, des crises d’anxiété, manque de confiance en moi. J’ai souvent peur de la réaction que peuvent avoir les gens si j’ose exprimer certaines choses. Mon aîné aussi a développé certains troubles du comportement notamment des troubles de la concentration.

Petite remarque pour finir, on parle des violences faites aux femmes mais n’oublions pas les hommes. Les violences faites aux hommes est malheureusement aussi une réalité.

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Le jour où j’ai dit ‘STOP’…

Il y a 2 ans, après plusieurs mois de préparation pour nous échapper, j’ai enfin dit ‘STOP’ ! A tout moment j’aurais pu revenir sur ma décision par manque de courage. En effet, je savais que j’allais devoir commencer un autre combat contre lui mais cela n’était plus possible moralement, physiquement pour mes enfants et pour moi…J’ai dit ‘Stop’ avant qu’il arrive quelque chose de plus grave.

Photo de Josie Stephens sur Pexels.com

J’ai dit stop :

  • Aux coups donnés sur la tête de mon grand,
  • Au dénigrement que mon grand a subi (‘tu es nul, c*n, un bon à rien…)
  • Au dénigrement que j’ai subi, (‘Tu es invivable’, ‘C*nasse’,…),
  • A l’imposition de la manière de m’habiller pour pas que les autres hommes me regardent (‘Tu ne vas pas faire les courses habillé comme ça, les mecs vont te mater’…)
  • Aux insultes quand il s’emportait, quand cela n’allait pas dans son sens et quand on essayait de lui faire prendre raison,
  • A la violence, certes au début contre des objets (il a cassé ma tablette, a défoncé une fenêtre et une porte devant les enfants)… mais cette violence était de plus en plus forte au fur et à mesure que je ne cedais plus à son chantage ou ses menaces,
  • Au chantage et à la culbabilité ‘si tu me quittes, je me suicide…’, ‘c’est toi qui me rend comme ça’, ‘tu comprends pourquoi je ne te demande pas en mariage, parce que tu es invivable’, ‘si tu me quittes, je dirais à tout le monde quelle immonde personne tu es’…
  • A son manque de respect. Je passais la serpillère, il passait derrière salir avec ses chaussures malgré ma remarque, en me faisant passer pour chiante et maniaque. Ou il fumait à côté de nous, notamment dans la voiture malgré mes remarques comme quoi ça ne se fait pas surtout pour les enfants et en rapport à mon asthme.
  • A sa passivité, il ne faisait que fumer et dormir, ne s’occupait pas du tout des enfants et du quotidien à la maison. Par exemple, il était trop ‘fatigué’ pour donner le bain à ses enfants alors qu’ils rentraient maquillés d’une fête – ‘je le ferai demain’ (donc on couche les enfants avec leur maquillage, quoi !). Pour le ménage, quand je lui demandais juste une chose il me rétorquait : ‘le week-end ce n’est pas fait pour faire le ménage‘…et la semaine ? ‘moi, je bosse‘ (parce que moi non, en faite !),
  • A ses oublis : les dates d’anniversaire et bien entendu d’acheter un cadeau, la fête des mères, Noël,…etc mais aussi d’aller chercher les enfants à l’école ou chez la nounou, leur spectacle de Noël…etc,
  • Aux problèmes d’argent car il préférait dépenser tout son salaire dans ses diverses addictions (produits illicites, jeux…etc) plutôt que de nourrir ses enfants,
  • A ses mensonges, ses promesses. Me promettre qu’il allait se faire soigner. Mais il finissait toujours par dire que le problème était moi, ses parents ou son travail…,
  • A….et j’en passe !

Certains doivent se demander comment cela se fait que je me sois mis en couple avec cette personne ? Et avoir eu des enfants avec ?

Je ne vais pas mentir, tout est parti d’un coup de foudre, nous étions jeune. Je n’avais pas beaucoup d’expérience en tant que couple. Je me doutais de certaines de ses ‘difficultés’ mais j’ai un tempérament à vouloir sauver tout le monde et je suis entêtée. Je voulais le sauver de sa situation, de ses parents…il se disait être ainsi à cause de ses parents, à cause de son travail, à cause de…et je le croyais.

Quelques mois plus tard, il a montré des premiers signes de violence morale, j’ai voulu le quitter mais il m’a fait culpabiliser par un ‘si tu me quittes je vais me suicider’.

Notre premier enfant est né durant une période où cela se passait bien, et où il avait promis de se faire soigner. Il avait d’ailleurs commencé un suivi psychiatrique mais non poursuivi… Il a fait deux séances pour finir par s’emporter contre moi en me disant, qu’il n’avait pas le temps, et qu’il n’y voyait pas d’intérêt car pour lui finalement il allait bien, ce sont les autres qui ne vont pas bien.

Pour notre second enfant, c’était différent. J’ai appris que j’étais enceinte de lui au moment où je commençais vraiment à prendre conscience que le problème n’irait pas en s’arrangeant…Sa violence morale se faisait de plus en plus régulière et crescendo.

Ce réveil tant douloureux …

Bien entendu, au fond de moi, je savais que la situation n’était pas ‘normale’. Il n’avait pas à nous traiter ainsi. Mais il m’a fait croire que le problème venait de moi. J’ai vraiment fini par croire que j’étais invivable, exigeante…

Avec le temps, j’ai même réussi à me convaincre que dans tous les couples c’était comme cela.

J’avais peur aussi. Du jugement des autres, que vont-ils en penser ? Et si c’est vraiment moi le problème ? Ils vont penser que je suis faible ou que j’exagère les faits. Et sans parler de cette honte que tu traînes avec toi…Honte de ne rien avoir vu venir, honte de t’être faite avoir. Et cette culpabilité !!! Encore aujourd’hui, je vis avec cette culpabilité au fond de moi. Je culpabilise pour mes enfants d’avoir ‘un père‘ pareil qui les a fait souffrir et va les faire souffrir moralement. Mais le pire est de se demander si la personne en face de toi va te croire vu les faits ! J’ai tout caché à mes parents, mon entourage…j’ai parlé de ce que je vivais après avoir pris la décision de partir. Certains pensent que j’exagère mais non. Comme on dit, il faut le vivre pour le croire !

Je vivais avec une boule au ventre et une tristesse permanente sans forcément en être consciente. Certains me faisaient remarqués que j’avais perdu ma joie de vivre, mon optimisme, mon regard pétillant et que je ne prenais plus soin de moi…mais à ce moment là, je n’étais pas encore consciente que la base de cet ensemble venait de lui.

Finalement en été 2016, suite à une crise, ma mère m’a tendu ‘the‘ perche. Elle m’a demandé si j’étais heureuse…je n’ai pas répondu. Et elle a eu la phrase que finalement j’avais besoin d’entendre : ‘Si tu le quittes, ne t’inquiète pas, ton père et moi, on sera là pour t’aider avec les enfants’. Cela a été l’élément déclencheur. Cette situation ne pouvait plus durer

Vu le profil de ‘monsieur’, et la violence dont il pouvait faire preuve, il a fallu préparer notre départ. Cela a mis 6 mois environ…

Pendant 1 an environ, le plus douloureux a été de se rappeler de mauvais souvenirs et de se dire que si j’avais su, j’aurais réagi autrement, que je ne me serais pas laisser avoir encore et encore. Je m’en suis voulu…surtout par rapport à mes fils.

J’ai aussi eu le soutien d’une seconde personne qui a vécu des choses similaires et qui m’a conforté dans ma décision de ‘fuire’. Elle m’a tout simplement dit que je faisais bien de partir car malheureusement cela ne s’arrangera pas avec le temps comme j’ai longtemps eu espoir mais bien au contraire, ça va aller de pire en pire et qu’un jour ce n’est pas la porte qu’il va défoncer mais ma tête ou la tête de l’un de mes enfants.

Pourquoi ce témoignage ?

Déjà pour toutes celles qui peuvent se reconnaîtrent dans mes écrits : ‘Fuyez !!!’

Vous pensez que cela va s’arranger avec le temps ? Non, c’est VOUS que vous détruisez !

Mais aussi pour les personnes qui pensent que l’une de ses connaissances vit justement cette situation. Il faut savoir que la personne est psychologiquement détruite et a perdu son sens d’analyse. Pour lui faire prendre conscience que la situation qu’elle vit n’est pas normale, il ne faut pas être dans le jugement, ni dans l’autorité ou la confrontation. Posez lui subtilement des questions qui la ferons cheminer dans un premier temps. Et bien entendu, lui dire que quoiqu’il arrive, vous serez là pour l’aider.

Le 20 février 2017 et après…

Comme je l’ai dit en introduction, ce n’était que le début d’un nouveau combat. Mais l’essentiel est que nous ne vivons plus avec lui.

Il a bien entendu essayé de me faire revenir en me disant qu’il regrettait, qu’il m’aimait vraiment, qu’il avait pris conscience qu’il était malade et qu’il se ferait cette fois-ci vraiment soigner … etc Mais je ne le croyais plus, c’était terminé et je venais de faire le plus dur.

J’ai ressenti une grande délivrance ! Comme si, je renaissais de mes cendres. J’ai de nouveau pu m’habiller comme je le souhaitais, me maquiller…etc et mon entourage me disait que je retrouvais ma joie de vivre et mon pétillant .

Ce nouveau combat est de garder mes enfants en sécurité face à leur ‘père’. La justice a jusqu’ici bien fait son travail…Malgré les horribles accusations qu’il a fait sur moi.

Mon fils aîné et moi-même avons développé des troubles légers du comportement : Des troubles de l’anxiété et des crises émotionnelles que nous essayons de combattre encore aujourd’hui. Mais ça aurait pu être pire ! Nous retrouvons petit à petit confiance en nous mais surtout envers les autres.

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J’ai offert un poupon à mon fils pour Noël…

Il y a quelques semaines de cela, quand je demandais à Petit M ce qu’il voulait que le Père Noël lui apporte, sa réponse a toujours été la même : Un Bébé !

Je suis fière de sa réponse et je me suis donc lancée à la recherche d’un poupon pour mon fils.

J’ai été confrontée à diverses personnes.

Tout d’abord, un conseiller d’une grande chaîne de magasin de jouets. Il me demande si je cherche une poupée pour ma fille.

‘-Non, je n’ai pas de fille, c’est pour mon fils.’

Il m’a montré divers modèles, surtout des poupons bleus mais ils ne me plaisaient pas. J’ai fini par ‘flashé’ sur un poupon habillé de mauve et de gris.

Ensuite, des collègues de bureau. Pendant notre pause déjeuner, nous en sommes venus sur le sujet des cadeaux de Noël. Venant d’acheter le poupon, j’ai voulu leur montrer. Les retours ont été positifs. La seule remarque que j’ai eu, a été ‘Tu pourras toujours acheter des vêtements bleus après lui avoir offert…’. Et pourquoi mon fils ne pourrait pas avoir une fille ?

Le grand jour est arrivé. Mon Petit M ouvre ses cadeaux et quand je vois sa réaction quand il découvre son ‘bébé’, je ne regrette en aucun cas de ne pas avoir céder aux stéréotypes véhiculés par la société depuis des années.

Après Noël, mes enfants ont eu droit à la fameuse question : ‘Alors qu’est-ce qu’il t’a apporté le Père Noël ?’

J’ai été surprise de la réaction très fermée de certaines personnes. De leur étonnement de savoir qu’un petit garçon a eu un poupon pour Noël, de moqueries…mais heureusement que de manière générale les réactions sont plutôt ouvertes et bienveillantes.

A l’heure où on parle d’égalité homme/femme, de l’évolution des rôles dans un ménage, pourquoi s’étonner qu’un petit garçon souhaite un poupon pour Noël ?
Pour sortir des clichés ‘Filles’ – ‘Garçons’, il y a encore de gros efforts à faire !
Pourquoi un papa ne saurait-il pas aussi bien s’occuper d’un bébé qu’une maman ? Ou tenir une maison ? Et inversement pourquoi une femme ne saurait-elle pas aussi bien bricoler, entretenir une voiture…, qu’un homme ?

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Ce que le statut de Parent Solo m’a appris…

(Liste inachevée…et personnelle)

Certains parents solos se reconnaitront sûrement et auront des choses à ajouter…

En tout cas voici une partie de ma liste de ce que le statut de parent solo m’a appris en 1 an.

1/ Tu es capable de plus que tu ne le crois…

Quand tu es tout seul et que tu ne peux compter sur aucun adulte dans l’immédiat pour X problèmes, tu es ‘obligé’ de te débrouiller tout seul.

Monter un meuble en kit – Changer une ampoule – Installer une machine à laver – Comprendre le voyant de ta voiture et faire le nécessaire.

Je me souviens personnellement d’avoir démonté le radiateur car Grand M y avait glissé des jouets.

2/ Tu es le roi/la reine de l’organisation…

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Quand on parle de ‘charge mentale’ à devoir tout gérer, je pense que nous sommes les premiers exposés. Et j’inclus autant les femmes que les hommes (les mentalités évoluent, il me semble, donc arrêtons de se fixer qu’aux femmes).

Ton planning ressemble visiblement à rien mais tu fonces quand même, ben oui, il ne faut pas oublier le rendez-vous chez l’orthophoniste de n°1, le spectacle d’école de n°2… car tu n’as personne pour t’y faire penser. Tu l’as noté sur ton agenda, ton frigo, ton téléphone, ta ‘to do list’…

Que mange-t-on ce soir ? Pas de panique c’est noté sur le menu de la semaine…

Enfin bon, vous l’aurez compris, tu es ‘obligé’ de te poser pour t’organiser à minima car c’est un rythme intense entre école, boulot, courses, et j’en passe…

Certains demanderont mais comment fais-tu ?

Généralement et personnellement, je leur réponds ‘Quand tu es dedans, tu n’as pas le temps de te demander comment on fait, tu le fais point… ‘

3/ Tu fais pitié(e) ou pas…

Entendu par plusieurs personnes :

Étape 1 : ‘Han tu élèves seul(e) tes enfants !!! Oh ma/mon pauvre’

Ben quoi, tu n’es pas une pauvre bête ? Ce n’est pas une maladie… Même si tu conçois que c’est loin d’être facile tous les jours.

Étape 2 : ‘Oh mais tu sais, en quelque sorte, je sais ce que c’est, je compatis car avec mon mari qui est toujours en déplacement c’est comme si moi aussi j’étais parent solo…’

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Erreur, Erreur, Erreur…la fameuse comparaison qui te fait grincer des dents. Alors non, non, non ! Noooooooon ce n’est pas pareil.

Pour plusieurs raisons (voici les miennes) :

– Ton mari (absent ou pas, en déplacement ou pas) t’apporte un soutien moral, une présence que toi parent solo tu n’as pas.

– Selon les cas, tu dois gérer un Monsieur Ex qui des fois se réveille et te cherche des ennuis au sujet des enfants.

4/ Tu fais le tri dans tes amis/ton entourage…

Enfin, ce n’est pas toi qui fais le tri, il se fait tout seul.

Catégorie 1 : Les Disparus/Les Méfiants.

Aux yeux de certains, tu as attrapé(e) une maladie sacrément contagieuse… et tu n’auras plus de nouvelles du jour au lendemain.

Ou encore, je cite un exemple que je vis : certains parents de l’école te voient comme le voleur de conjoint et te lancent des regards ‘pas touche’. Alors que franchement, tu as autre chose à penser que de mâter du conjoint.

Catégorie 2 : Les Curieux.

Dès qu’il y a un semblant de rebond dans ta vie, ceux-là rappliquent mais entre-temps c’est no man’s land. Ceux-là je ne leur en veux pas, ça reste humain comme réaction.

Catégorie 3 : Les Fidèles.

Les quoiqu’il arrive, ils seront là ! ❤ Une écoute, une présence, ils sont toujours ouverts au dialogue.

Tu sais au fond que tu peux compter sur eux même si des fois tu n’oses pas les déranger.

Personnellement, j’ai eu de belles surprises et je ne les remercierai jamais assez…

5/ Tu es plus fort(e) que tu ne le crois…

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(Ou Plus qu’on a voulu te faire croire)

Généralement, c’est pour le bien de tes enfants. Se ‘battre’ au quotidien pour eux, pour subvenir à leurs besoins, les protéger. Tout cela additionné par tes problèmes de parent solo.

Chez moi, je le vois comme un instinct primitif, presque animal. Une lionne prête à tout pour ses petits. Je suis, des fois, étonnée de certaines réactions que je peux avoir dès qu’il s’agit de mes enfants.